David Myles a du soleil plein la tête

March 20, 2012
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Le cinquième album de David Myles porte bien son titre : Into the Sun est un vrai rayon de lumière.

Contrairement à d’autres, David Myles n’est pas du genre à se lamenter dans ses chansons. «How’d I get so lucky? Lucky, lucky me», chante-t-il notamment sur Simple Pleasures («Comment se fait-il que j’aie autant de chance? Je suis tellement chanceux!» pourrait-on traduire.)

«Je ne suis pas le type de  personne qui se montre triste dans ses chansons. Ce n’est pas moi», explique-t-il simplement. Et quand on le rencontre, on n’a pas de difficulté à le croire, tant le jeune homme respire le bonheur et la simplicité. «C’est important d’être fidèle à soi-même et à ce qu’on veut faire, ajoute-t-il. Et sur cet album, mon idée était de rendre hommage à la musique des pays chauds, celle du Brésil entre autres.»

Ce n’est pas la première fois que ce Néo-Brunswickois d’origine explore un style différent. «Chacun de mes cinq albums studio est d’inspiration différente, croit-il. Parfois je penche plus vers le folk, parfois je vais davantage vers le blues… Mon album précédent, Turn Time Off, était plus soul, c’était un disque pour la nuit. Alors que celui-là, c’est un disque pour le jour. C’était voulu. J’avais envie d’utiliser des éléments de la musique [du Sud].»

Et il ne faudrait pas croire que si le musicien, dont le dernier opus rappelle à bien des égards la musique de Paul Simons, teste autant de styles différents, c’est dans un but commercial! On pourrait plutôt dire l’inverse. «Pour ce disque, j’avais envie d’essayer des choses dont je savais qu’elles ne seraient peut-être pas super populaires, comme la bossa-nova, dit-il. Mais je me suis dit que si je ne l’essayais pas maintenant, je ne le ferais jamais. Je suis à un moment de ma carrière où je dois commencer à prendre des risques.»

Parmi ces «risques», Myles compte l’inclusion de pièces complètement instrumentales ou ne comptant qu’une seule phrase chantée, comme Nina, dédiée à sa femme. «Pour moi, ça marchait. Je n’avais pas envie d’en dire trop, je voulais quelque chose de plus impressionniste, peut-être. Et cet exercice artistique, je crois, m’a rendu plus libre, m’a donné la confiance nécessaire pour continuer à essayer des choses nouvelles à l’avenir.»

Et cet avenir ne devrait pas être bien loin, puisqu’en six ans de carrière, il a fait paraître presque autant d’albums. «J’écris à peu près tout le temps, avoue-t-il. Quand je finis un disque, je commence à écrire le prochain. J’aime bien avoir toujours un projet en cours.» Et honnêtement, on ne s’en plaindra pas!

Le plaisir des spectacles

Ceux qui le connaissent bien le savent : David Myles est réputé pour donner des spectacles mémorables. À quoi peut-on s’attendre pour ses deux représentations de mardi soir?

«Normalement, j’aime bien raconter de petites histoires amusantes, pour que le spectacle ne soit pas seulement une suite de chansons, dit-il. J’aime bien parler avec les gens du public, avoir une interaction avec eux; à la fin de la soirée, ils vont me connaître, et je veux donc les connaître moi aussi! Et dans une salle comme le bar Upstairs, c’est parfait pour ça, c’est très intime.»

Son amour de la musique toujours aussi vif, n’est certes pas non plus étranger à la qualité de sa présence sur scène.

«C’est important, je crois, pour un amateur de musique, de voir que l’artiste sur scène a du plaisir, dit-il. J’ai vu Prince sur scène cet été; il a plus de 50 ans, et c’était un spectacle incroyable! Pourquoi? Parce qu’on sent qu’il aime être là, qu’il aime chanter, danser, qu’il le fait pour lui. La même chose, d’une autre manière, avec Leonard Cohen, dont on sent qu’il ressent encore profondément ce qu’il chante. Et le public le ressent aussi, dans ce temps-là.»

by Jessica Émond-Ferrat, Métro Montréal